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L’épargne doit s’investir dans le développement économique et l’emploi

Le comportement d’épargne des français se caractérise par une prudence excessive, par comparaison avec d’autres pays de l’OCDE. L’exemple du Québec fournit pourtant une référence crédible de fonds de pension investi dans l’économie réelle, géré par les syndicats, signe d’une mutation culturelle forte. La réorganisation en cours des flux d’épargne pourrait être un facteur de déclenchement utile.

A) DE QUOI S’AGIT IL

Le Fonds de solidarité des travailleurs d’Europe (FTE) pourrait être une société de capital de développement qui fasse appel à l’épargne et à la solidarité de l’ensemble de la population française et européenne. Sa mission principale consisterait à contribuer à la croissance économique en France en créant, en maintenant ou en sauvegardant des emplois au moyen d’investissements dans les entreprises de l’ensemble des secteurs d’activité de l’économie. L’un de ses objectifs consisterait également à encourager l’épargne-retraite et à procurer à ses centaines de milliers d’actionnaires-épargnants un rendement raisonnable qui s’ajouterait aux avantages fiscaux qui leur seraient consentis.

La constitution et la gestion de ce fonds serait impulsée par les organisations syndicales, depuis la collecte de fonds jusqu’à la décision d’investissement, en passant par leur gestion et le reversement de l’épargne retraite, ce qui représenterait une innovation économique et sociale.

Si les esprits s’avéraient mûrs pour une telle approche, la confédération européenne des syndicats (CSE) pourrait en être le coordinateur.

Par sa gouvernance et ses codes d’éthique, il agirait comme un investisseur socialement responsable et soucieux d’un développement économique humain et durable. De plus, au-delà du capital investi, il s’engagerait à appuyer le développement des entreprises en offrant des services à valeur ajoutée, notamment la formation économique.

Le Fonds des travailleurs d’Europe (FTE) deviendrait à terme un carrefour de connaissances et de ressources au profit des entreprises européennes, et un acteur incontournable de l’économie européenne.

L’estimation de la taille du fonds, réalisée par interpolation de dispositifs similaires, installés et pérennes dans d’autres pays développés, pourrait être d’environ 65 milliards d’€ pour la France et par extension, de plus de 200 milliards d’€ pour l’Europe, pour un flux annuel qui pourrait rapidement avoisiner les 5 milliards d’€[1].

B) LES MISSIONS

 Créer, maintenir ou sauvegarder des emplois

  • Investir dans des entreprises à impact économique significatif et leur fournir des services en vue de contribuer à leur développement afin de créer, maintenir ou sauvegarder des emplois.

Former les travailleuses et les travailleurs

  • Favoriser la formation des travailleuses et travailleurs dans le domaine de l’économie et leur permettre d’accroître leur influence sur le développement économique de l’Europe.

Développer l’économie européenne

  • Stimuler l’économie européenne par des investissements stratégiques qui profiteront aux travailleuses et aux travailleurs, de même qu’aux entreprises.

Préparer la retraite

  • Sensibiliser et encourager les travailleuses et travailleurs à épargner pour leur retraite et à participer au développement de l’économie par la souscription d’actions du Fonds. 

C) POURQUOI EST-CE JUSTIFIE

Plusieurs facteurs créent les conditions d’une matérialisation de la mutation en cours des esprits :

  1. Sous-utilisation de l’épargne comme ressource d’investissement dans le tissu économique
  2. Le taux d’épargne par rapport au revenu brut est élevé (14.5% à fin 2016) et le cumul des sommes disponibles en France sur les différents supports (assurance vie, PEL, LIVRET A, LDD, Jeune, …) est supérieur à 3000 milliards d’€[2]; la proportion de cette épargne investie dans l’économie réelle, au travers des entreprises nouvelles ou en développement est insuffisante et les gouvernements récents, tous bords confondus, se sont essayés, sans grand succès, à flécher cette épargne vers elle
  3. Le flux de désindustrialisation se poursuit, même si son rythme se réduit. L’une des raisons objectives de son maintien provient des fortes évolutions technologiques aiguillonnées par les investisseurs, les actionnaires et managers, afin d’améliorer le niveau de bénéfice, au travers de la contraction des coûts de production
  4. Les effets en chaîne de la désindustrialisation ne sont pas tous quantifiés ni mesurables, mais sont visibles : déstabilisation voire liquidation d’activités => tissu économique effiloché => pertes de cotisations et d’impôt => perte de compétence, chômage, désœuvrement => désorganisation sociale => déstabilisation en chaîne
  5. Nécessité de rétablir un flux vertueux entre investissement, emploi, cotisations sociales et impôts, pour rétablir un dynamisme du modèle économique et social
  6. Avec l’acceptation de taux de retour économique plus faibles (voisins de 5%), tout en restant raisonnables, des communautés de travail et de compétence pourraient être maintenues
  7. Les esprits bougent en direction d’une (re)prise en main du destin des ‘’oubliés’’ ou des ‘’écartés’’ : rachat d’entreprises sortant du périmètre stratégique des groupes, création d’activités nouvelles reprenant des savoir-faire délaissés
  8. Nécessité de renforcer une culture économique approfondie pour permettre un développement économique fondée sur l’association et le partage en lieu et place de l’affrontement
  9. Sous-représentation syndicale en France entraînant des opérations spectaculaires, témoignant d’un manque de convergence dans les réflexions

D) CHOIX STRATEGIQUES ET MUTATIONS

  • La mobilisation de tous au sein des organisations économiques existantes suppose un autre rapport au travail, à la décision, à la répartition des résultats et finalement, à la vie en commun. Les parties prenantes ont toutes, même si cela n’est pas au même degré, une opinion à propos de leur futur et de la façon d’y parvenir. Il s’agit de favoriser leur évolution vers un modèle rhénan, fondé notamment sur l’engagement, la volonté, la confiance.
  • L’une des conséquences de cette rénovation du mode d’organisation doit aboutir à une déconcentration, à une fragmentation d’entités parfois trop massifiées, en entités plus petites, focalisées sur des segments de marché, avec une réappropriation du pilotage et du partage des fruits du travail par les opérateurs de l’activité.

Une répartition plus homogène de la valeur le long d’une chaîne en est la conséquence la plus directe.

  • Dans le cas particulier des activités délaissées ou condamnées par des réflexions d’excessive concentration, cela peut se traduire par le fait de favoriser leur reprise ou leur redémarrage, en injectant de la compétence managériale. La régénérescence de communautés de travail qui contribueront au maintien d’un tissu économique local est à ce prix.
  • Ce type de politique s’inscrit naturellement à rebrousse-poil des logiques stratégiques ayant excessivement recours aux outils d’optimisation industrielle de type courbes d’expérience, ayant pour visée principale celle de la puissance et du retour sur capital investi
  • D’autres logiques se font jour sans pour autant mésestimer les logiques stratégiques et l’efficience économique. Elles prennent simplement en compte des externalités qui sont négligées par les autres modèles : élaboration et évolution de savoir-faire partagés, mise en œuvre de services collectifs à partir de contributions volontaires sur l’activité de tout un chacun et finalement, bien être et santé des territoires et des personnes au travail
  • Les pays ayant mis en place ce type de politique il y a maintenant plus de 30 ans ne peuvent que se réjouir des résultats obtenus, grâce à la diffusion d’une culture économique, rendant possible un meilleur partage des objectifs, des moyens et des résultats, en réservant aux organisations syndicales la responsabilité de la collecte, de l’investissement et de la répartition des résultats obtenus au travers de fonds de retraite par capitalisation.

E) MISE EN OEUVRE

L’ensemble des éléments détaillés ci-dessus sont inspirés des réalisations du fonds des travailleurs du Québec (FTQ) et tous les détails les concernant peuvent être retrouvés ici.

Pour l’essentiel, il s’agira d’une société de capitaux indépendante, gérée de façon professionnelle par une équipe dédiée, dotée des systèmes de concertation et de contrôle usuels propres à assurer une gouvernance adaptée ayant à respecter des codes d’éthique rigoureux.

La décentralisation du fonds pour assurer un traitement au plus près du terrain serait la règle et pourrait être calquée sur les régions françaises.

L’avantage fiscal serait étalonné sur celui des souscriptions au capital d’entreprises nouvelles, voire majoré pour susciter un effet d’entraînement.

Les conditions de blocage et de déblocage seraient de nature à privilégier l’épargne longue et une réutilisation personnelle à cette même fin (immobilier, création d’entreprise, …) étant entendu que la vocation principale concernerait le financement des retraites à terme des investisseurs.

Les investissements réalisés à partir de l’épargne collectée seraient faits dans une perspective de long terme, selon des procédures d’évaluation de la solidité des projets semblables à celles utilisées par les sociétés de capital développement, voire des établissements financiers.

Les rendements affichés par le fonds québécois disposant d’une base de performance de 30 ans sont voisin de 5%.

L’infographie suivante fournit les éléments essentiels décrivant les lignes directrices de ce fonds gestionnaire de 8 milliards d’€, opérant au Québec, pays de 8 millions d’habitants.

LE CERCLE VERTUEUX EPARGNE-INVESTISSEMENT
MIS EN PLACE AU QUEBEC

F) AVEC QUI

  • Les syndicats devraient être aux avant-postes pour mettre en œuvre ce type de politique.
  • Les conditions de réussite supposent naturellement que plusieurs conditions soient réunies :
    • Pour l’identification, la décision d’investir et la gestion des investissements, mise en place de systèmes de décision et de contrôle ayant déjà fait leurs preuves en milieu industriel et de service
    • Octroi de responsabilités quant à la collecte, la décision et la gestion des investissements
    • Diffusion auprès des salariés, par le biais de formations, d’une culture économique favorisant un meilleur partage des décisions à prendre dans les choix d’investissement et de gestion des sociétés
    • Augmentation du taux de syndicalisation, afin d’éviter les comportements irrationnels et partisans
  • Les actionnaires de cette société d’investissement seraient les salariés volontaires des entreprises, qui bénéficieraient au surplus de l’incitation fiscale liée aux réductions d’impôt pour investissement dans les entreprises.
  • La diversité et l’ampleur de l’épargne française située en univers ‘’(sur)protégé’’ est connue. Les syndicats eux-mêmes reconnaissent qu’ils sont passifs dans la gestion des ressources des fonds de retraite aux conseils d’administration desquels ils sont pourtant présents. Une amplification de la réorientation de la politique de placement de ces ressources est donc à l’ordre du jour.
  • L’élément déclencheur pourrait être constitué par la prohibition envisagée par l’Etat de la centralisation des dépôts des Livret A et des Livret de développement durable et solidaire (LDDS) à la CDC, qui va créer une contrainte susceptible de pousser les établissements financiers à suggérer des politiques nouvelles pour amender l’affectation de ces fonds apparemment surnuméraires ….(27 milliards pour la seule Banque Postale et un total de 120 milliards).

[1] Rappelons que la France compte 28 millions de salariés, avec un taux de syndicalisation de 20% dans le service public et de 11% dans le secteur privé (évaluation DARES). Traditionnellement voisin de 70% dans les pays d’Europe du Nord (Finlande, Danemark, Suède) et plus réduit en Europe continentale, le taux moyen des pays de l’OCDE ressortirait à 20%. La France aurait des taux moyens proches de 10%.

[2] Source Banque de France, rapport 2014

200 milliards d’euros pour maintenir et développer l’emploi

Nous aurions économisé 50 milliards pendant le confinement, dit on.

Notre manque de confiance en nous et en l’avenir ferait que ces économies deviendraient de l’épargne ; autrement dit, que les pistes pour l’affecter à autre chose qu’à des comptes en banque ou des comptes placés ‘’sans risque’’ feraient défaut.

L’épargne disponible : une solution forte pour traiter des difficultés massives

Pourtant, la solution est sous nos yeux ; elle nous vient directement de la crise qu’a engendré le surgissement de la COVID-19.

La perturbation que cette dernière a entraîné dans l’organisation des entreprises a asséché les réserves financières parfois minces de nombre d’entre elles, encore florissantes il y a peu. Voilà que des communautés de travail solides et utiles vont se retrouver démunies et abandonnées par des gestionnaires pris au dépourvu.

L’occasion est donnée de saisir l’opportunité de modifier l’ordre des choses : il faut mobiliser les ressources d’épargne que la crise a suscitées pour qu’elles s’investissent, afin de sauvegarder et redéployer ces entités menacées.

Il n’est de jour qui n’annonce des centaines voire des milliers d’emplois menacés, jusqu’au ministre de l’économie français parlant encore il y a peu de centaines de milliers d’emplois en danger.

Une communauté de travail mobilisée, compétente et active doit parvenir à retrouver un nouvel équilibre dans l’univers économique, loin des bureaucraties parfois tatillonnes et aveugles.

J’appelle donc à l’organisation d’une épargne collective, afin qu’elle puisse s’investir de façon raisonnable, mesurée et compétente sur des activités menacées de péril et qui seraient autonomisées de leurs grandes entités d’appartenance, en associant management humain et stratégie éclairée.

Un exemple

Pour 1 € investi, il est possible de lever au minimum 1 € de dette, voire même 2 €, panachés entre dette, subvention et soutien fiscal.

Imaginons qu’un sous-traitant de l’aéronautique ou de l’automobile décide que l’une de ses filiales comprenant 100 personnes soit durement menacé : eh bien ! Sauf si un diagnostic préalable, rapidement mené, ne permet d’identifier aucune piste de rebond crédible à partir du noyau de savoir-faire et de la cohésion d’un collectif de travail, il est possible d’y injecter environ 50.000 € par emploi en capital, soit dans notre cas 5 M€ auxquels se rajouteront de 5 à 10 M€ de dette ou d’avantage fiscal pour engager le maintien et l’évolution de l’activité.

Cette injection ne sera naturellement possible que si, en faisant appel de façon très organisée à toutes les intelligences internes, des éléments de repositionnement raisonnable sur le marché sont identifiés pour l’activité considérée comme obsolète et qui pourrait trouver à survivre en position externalisée.

Les 50 milliards qui auraient fait l’objet d’une épargne exceptionnelle au cours des 3 derniers mois en France représentent donc la possibilité de sauvegarder 1 million d’emplois, en pouvant obtenir par ailleurs 50 milliards d’emprunts, voire 100 milliards en cumulant emprunt + subvention + avantage fiscal.

Ces ressources doivent être confiées à des professionnels reconnus et validés par les investisseurs épargnants. Placés à la tête de ces entités à rétablir et à redévelopper, ils auront l’avantage de ne pas être assujettis à des bureaucraties de grands groupes et resterons modérés dans leur appétit de rendement : la priorité, c’est le renforcement de la position stratégique et du fonctionnement des activités en balance, mais à potentiel, via l’investissement continu.

Le choix des thèmes d’activité à privilégier pour se reconvertir sera lui aussi plein de sens : la sauvegarde et la restauration des grands équilibres de la planète.

L’exemple du Québec

D’autres pays l’ont déjà fait : le Québec a uni les épargnants en constituant le fonds des travailleurs du Québec, aujourd’hui gestionnaire de l’épargne collective de 700.000 actionnaires représentant un montant de 11 milliards d’€, pour un pays qui compte 8,5 millions d’habitants.

La règle de 3 est facile à faire pour un pays comme la France : notre potentiel est de 84 milliards soit, selon la proposition financière ci-dessus, 160 à 240 milliards pouvant être mobilisés en faveur de l’investissement.

La solution québécoise réalise ses investissements au Québec, dans des activités nouvelles ou en développement qui créent des emplois sur place.

Les syndicats y sont moteurs pour placer et gérer cette épargne. Laquelle génère un rendement compris entre 5 et 10% par an selon les années. C’est raisonnable. Et accessible. Sans compter les effets induits de développement des savoir-faire, de la richesse vive, des cotisations sociales versées, entre autres.

Je me tiens à la disposition de ceux qui souhaitent mettre en place des solutions pérennes pour fournir tous les détails qui conduiront à matérialiser les solutions pour maintenir, redéployer et solidifier des collectifs de travail que de grandes organisations seront amenées à délaisser, voire sacrifier.

Le site du fonds québecois présente de façon détaillée son origine, son fonctionnement, ses résultats: www.fondsftq.com

La petite histoire de JET TOURS, ex filiale d’AIR FRANCE

Cette filiale d’AIR France revient de loin.

Largement déficitaire en 1995-1996 (30 millions d’€ de perte pour un CA de 300 millions d’€), AIR France avait dû lourdement recapitaliser l’entreprise de 45 millions d’€.
Ne voyant pas de perspective stratégique valable pour cette filiale au sein du groupe, Air France se résout fin 1997 à chercher un repreneur. La banque d’affaire mandatée ne trouve à l’époque aucun candidat.

Air France décide alors en mai 1998 de céder la société aux salariés.
Les conditions sont les suivantes : Air France reprend 50 salariés (sur environ 300), réinjecte 2 millions d’€ pour la modernisation du système informatique de JET TOURS, abandonne 12 millions d’€ de créance avec clause de retour à meilleure fortune.
De leur côté, les salariés reprennent la société pour 1 €, y injectent 37.500 €, l’ancien manager devenu PDG se réservant 33% du capital, les 2 autres 1/3 étant respectivement pris par les autres dirigeants et l’ensemble des autres salariés.

Très vite, les salariés convainquent TCR EUROPE, fonds d’investissement et PACHA TOURS, voyagiste, d’investir chacun 1,5 Million d’€, pour environ 1/3 du capital chacun.
De facto, la valeur de la société passe déjà de 37.500 € à 4,5 millions d’€.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Un an plus tard, la société est à nouveau cédée, cette fois par les anciens salariés et leurs autres actionnaires investisseurs, au Club Méditerranée, dirigé à l’époque par Philippe Bourguignon, pour ……. 64 millions d’€ !
René-Marc CHIKLI a gagné au passage 6,4 millions d’€ avant impôt.
Les autres dirigeants se sont répartis la même somme et certains salariés ayant investi quelques centaines d’€ se sont retrouvés avec l’équivalent d’une année de salaire.
Quant aux 2 fonds d’investissement … 18 millions d’€ pour 1,5 Million investi !18 fois la mise pour eux, 56 fois pour les salariés. Qui dit mieux ?

Qu’en est-il aujourd’hui ?
Après 10 ans de vie au sein du Club Med, les dirigeants parmi lesquels Henri Giscard D’Estaing ont modifié les perspectives stratégiques et décidé de se séparer de Jet Tours pour la céder à Thomas Cook, producteur et distributeur de voyages, pour un prix quasi équivalent à celui de la date d’achat.

A méditer ….

* article initialement publié le 21 août 2008

CONVERTEAM acte 2 ou comment finir par céder au sirènes …..

L’article rédigé en août 2008 retraçait les principaux éléments décrivant le redressement spectaculaire et les agréables conséquences financières en ayant résulté pour les investisseurs, les managers et l’ensemble du personnel (cf.ci-dessous).

 

A l’époque, les avances de GENERAL ELECTRIC avaient été repoussées et le fonds LBO France était devenu actionnaire à la faveur du financement du plan de développement de cette société valorisée 1,9 Milliards d’€ à l’époque.

Nouveau changement de taille pour affronter les marchés mondiaux… Elle devrait coûter 2,3 milliards d’€ à son nouvel acquéreur …. qui n’est autre que GENERAL ELECTRIC lui-même !

ALSTOM ne s’y était pas trompé; il réfléchissait en octobre dernier à l’acquisition de son ancienne filiale.

Lors de la reprise initiale, les managers avaient réalisé une plus value considérable (environ 900 millions d’€) qu’ils avaient réinvestie à hauteur de 77%.

Cette fois-ci, tout le monde ou presque sort ; LBO France réalisera tout de même une « petite » plus value (+20% en 3 ans), Seuls les managers demeurent actionnaires à hauteur de 10% aux côtés de General Electric, avec une perspective de sortie d’ici 3 à 5 ans.

La valeur maximale de la société devrait alors être de 3,4 Milliards d’€.

Parcours exemplaire en termes de stratégie, de management … et de résultats.

Même si le parcours entrepreneurial des repreneurs et des financeurs connait une fin normalisée.

Que cela donne des ailes à ceux qui préfèrent l’engagement radical au confort opaque !

Mars 2011

CONVERTEAM, redressement spectaculaire d’une ancienne filiale d’ALSTOM

Filiale d’ALSTOM, ALSTOM POWER CONVERSION perd 50% de son CA entre 1999 et 2003.

Patrick KRON recrute alors Pierre BASTID, centralien passé par l’INSEAD, qui a déjà à son actif le redressement de filiales de Schlumberger, Valeo et Thomson. Suppression de 700 emplois, identification des savoir-faire à promouvoir, choix de segments (marine, pétrole & gaz, énergies nouvelles) organisation en pôles et autonomisation de gestion sont au programme pour relancer la société.

Mais ALSTOM, qui traverse de graves difficultés, est soutenu par l’Etat dans son redressement et contraint, par ricochet, de vendre cette filiale.
Barclays Private Equity (BPE) acquiert pour 120 millions d’€ cette société dont personne ne veut.
Les managers ont le marché en main : si la plus-value dégagée est supérieure à 3 fois la mise, les 2 acteurs (BPE et le management) se la partageront à 50-50 !

La chance aidant, les résultats s’enchaînent : croissance du CA de 45% par an, EBITDA porté de 26 à 185 millions d’€ ; les effectifs suivent, portés à 4600 personnes à fin 2007, puis 5800 en 2008.

Pour financer les développements à venir, BPE fait entrer un nouvel actionnaire, LBO France, qui valorise la société à 1,9 milliard d’€. Ce fonds d’investissement a été préféré à General Electric, qui avait proposé 2 milliards d’€. Les 40 managers, dont Pierre BASTID, ont préféré l’autonomie à la puissance …. D’autant qu’ils disposent à présent d’1/3 du capital, en réinvestissant 700 des 900 millions d’€ de plus value qui leur revient aux termes de l’accord.

En manager soucieux de l’implication de ses troupes, Pierre BASTID met en place un mécanisme destiné à associer à la réussite de l’entreprise l’ensemble des salariés qui le souhaiteront. D’un côté, les 4500 salariés vont toucher un bonus équivalant à 2 mois de salaires ; de l’autre, un fonds d’investissement salarial, qui pourra atteindre jusqu’à 5% du capital, permettra à chaque salarié souscripteur d’une action, de bénéficier d’une action gratuite souscrite pour lui par Pierre BASTID lui-même.


A partir d’un article de Guénaëlle LE SOLLEU & Matthieu PECHBERTY, paru dans www.latribune.fr du 25 juin 2008, et d’un article paru dans www.challenges.fr du 26 juin 2008

L’université peut être porteuse d’innovation …. à condition de bouleverser son organisation

La dernière livraison des économistes français du cercle d’outre-Manche continue de décoiffer dans l’Hexagone.
Le regard qu’ils portent sur l’activité des universités anglaises comparée à celle des françaises en matière de valorisation de l’innovation mérite examen :
–  20% des engagements financiers des fonds d’investissement anglais se fait en direction des activités qui trouvent leur origine à l’université
–  L’université de Cambridge à elle seule représente 40% des sociétés de biotechnologie cotées à la Bourse de Londres
–  Elles sont donc parvenues à associer cerveaux, commerce et capital (3C)
–  Ils font remarquer que la puissance publique a contribué à l’organisation de ces résultats en transférant en 1986 les droits intellectuels de l’Etat aux universités et en les encourageant à créer leurs propres fonds de capital risque.
Du coup, ils proposent leurs idées pour améliorer l’efficacité française en la matière :
– Regrouper les universités, trop petites et pas assez diversifiées, avec 4305 établissements d’études supérieures contre 169 en Grande Bretagne
– Anéantir le coût inhérent à la recherche de subventions publiques en allouant à chaque projet ayant levé des fonds privés une dotation publique
d’un montant équivalent.

D’après un article d’Eric Albert paru dans www.latribune.fr du 14 août 2008

La recherche européenne doit être fortement renforcée

Malgré les engagements pris il y a 7 ans au sommet de Lisbonne et entérinés depuis, l’objectif de 3% du PIB européen pour la recherche n’est toujours pas atteint, et stagne à 2%….

Les enjeux sont pourtant déterminants pour l’avenir de l’Europe face aux défis d’un monde globalisé : ceux de la nouvelle répartition des pouvoirs, de l’énergie, des changements climatiques, de l’excellence scientifique.

La convergence et l’association des politiques nationales doivent devenir des priorités, dans le respect de l’agenda européen. Les politiques d’éducation, de recherche et d’innovation en constituent le fer de lance.
A cet égard, le doublement des crédits de recherche et encore loin d’être suffisant.

Le métier de chercheur doit également être fortement revalorisé en associant niveaux de rémunérations attractifs par rapport aux autres secteurs de l’économie et sécurité minimale, gage d’une créativité substantielle.

A la racine du modèle européen se trouve notamment la solidarité et la promotion de l’humain, dont les corollaires seront l’apprentissage continu et la qualité de l’emploi.

D’après un article de Philippe BUSQUIN, ancien commissaire à la recherche de la Comission européenne, paru danswww.latribune.fr du 24 avril 2007

Les limites du modèle d’investissement des fondations universitaires américaines

La tourmente financière n’a pas épargné les fonds d’investissement des prestigieuses universités américaines.
Ainsi, le fonds de l’université de Harvard (HMC), celui de Yale, mais aussi celui du MIT, des universités de Stanford, Cornell, Brown (Rhode Island) ou encore de Californie du Sud ont annoncé soit des moins values comprises entre 21 et 26%, soit des pertes nettes de 3 à 17 milliards de dollars.
Les raisons proviennent du profil de risque adopté par ces fonds. La part allouée au capital-investissement y est le plus souvent supérieure à 20%, au milieu d’autres placements sectoriels (immobilier, sylviculture) et obligations risquées.
Les rendements annuels obtenus par ces placements au cours des 10 dernières années avaient suivi : 15%, en moyenne ! la performance a toujours été préférée aux placements de père de famille.
Les conséquences de ces résultats sont directes. Malgré l’ampleur de son fonds (équivalent à lui seul au quart du budget de l’Education nationale française avec 37 milliards de dollars), HMC a coupé dans ses budgets d’investissement et d’exploitation : reports de travaux sur les campus, gel des recrutements ont été décidés.

Mais les américains restent fidèles à eux-mêmes. Les universités de Yale et de Philadelphie sont déjà sur les rangs pour racheter les entreprises qui menacent faillite ….

D’après un article d’Alexandre Maddens paru dans www.latribune.fr du 5 janvier 2009

Les fondations des universités américaines sont investisseurs et gestionnaires de fonds

Sans parler des cas exceptionnels que représentent celle de Princeton (lancée il y a 250 ans, elle gère 15 milliards de dollars d’actifs, dont 20% investis dans le non coté), de Yale (rendement moyen de 30,6%), de l’université de l’Illinois (30% des actifs en non coté) ou bien encore Harvard (4 milliards en non coté sur un total de 35 milliards d’actifs), 68% des fondations des universités américaines prévoient d’investir au moins 11% de leurs avoirs dans cette classe d’actifs, et plus au fur et à mesure que leurs fonds croissent.

Le rendement sur investissements réalisés leur permet de couvrir plus du 1/3 de leur budget de fonctionnement !

Parmi les raisons qui expliquent ce résultat figurent :

– Une attitude générique qui, à la différence des investisseurs institutionnels classiques, n’a pas pour visée la préservation du capital
– Un goût avéré pour le risque, tempéré par le fait que la sélection des investissements réalisés est largement suggérée et validée par le réseau de ceux des anciens étudiants qui ont rejoint les structures d’investissement.

D’après un article de Guenaëlle SOLEU, paru dans www.latribune.fr le 26 septembre 2007

Bonnes nouvelles pour les brevets!

Les    points à propos desquels les discussions achoppaient depuis … 30 ans (!) ont fini par trouver une conclusion positive qui constitue une avancée historique, dans un contexte stratégique mondial où l’économie de la connaissance devient un levier décisif pour se maintenir parmi les blocs géographiques.

Le brevet européen sera désormais valable dans 25 des 27 pays, à l’exception notable de l’Espagne et de l’Italie, pour des raisons de reconnaissance linguistique. Le brevet européen sera en effet présenté en français, en anglais ou en allemand.

Son coût sera de 5000 €, soit 6 fois moins qu’auparavant. Petit plus pour les centres de recherche, les universités, les PME et les organismes à but non lucratif : les frais de traduction leur seront remboursés.

La juridiction centrale et le bureau de son président seront à Paris, tandis que l’administration sera à Munich. Les litiges seront traités en fonction de leur spécialité dans l’une de ces 2 villes … ou à Londres qui a réussi à plus que tirer son épingle du jeu dans cette affaire !

La conséquence devrait être une croissance significative du nombre de brevets, dont les premiers devraient être délivrés en 2014 ; pour mémoire, les chiffres actuels sont de 60.000 par an en Europe, pour 172.000 en Chine et 224.000 aux Etats-Unis.

Comment innover ?

Nous résumons ci-dessous les recommandations de JP KOTTER, professeur à Harvard Business School, à destination des entreprises.
Il est nécessaire qu’un volontarisme sans faille soit affiché dans l’entreprise, sinon l’inertie qu’engendrent lenteur des processus de décision et  résistances comportementales aura raison de tout projet. Très tôt dans leur carrière, la censure anti-entrepreneuriale s’exerce sur les nouveaux embauchés et pousse les plus déterminés d’entre eux, notamment aux Etats Unis, à créer leur propre entreprise.
La mondialisation et ses effets sur la diffusion des idées nouvelles et des innovations a, en retour, un impact cinglant sur l’obsolesence des produits : rapidité de prise en compte et calendriers de mise en œuvre ressérés correspondent aujourd’hui à des comportements génériques pour qu’une entreprise soit dans le mouvement.
Elle a aussi un impact sur l’organisation même des entreprises, qui doit intégrer cette dimension innovatrice avec urgence et patience, car un changement radical prendra de 2 à 6 ans.
Le processus de changement se déroule en 8 étapes qui comprennent entre autres sens de l’urgence et mobilisation sans faille et continue de la tête de l’entreprise qui, si elle fait défaut, entraînera échec et perte de substance.
Le torpillage des idées nouvelles utilise 4 biais majeurs : la peur, le différé, la confusion, le discrédit.
Une fois ces comportements identifiés, il est toutefois possible de les contourner sans effets de manche particuliers ; notamment en ne s’épuisant pas en joutes vaines contre des détracteurs parfois malveillants, mais en jouant plutôt la carte de la majorité silencieuse et en préparant avec soin des réponses aux objections, qui sont souvent génériques.
D’après un article de Marianne REY et William COOP, paru dans L’entreprise de décembre 2010

Le sorcier GOOGLE change de potion magique

De 0 à 24.000 personnes en moins de 15 ans … sacrée croissance ! … Mais l’essoufflement et la bureaucratie qui va avec guettent.
La panoplie des armes utilisées pour lutter contre ces tendances fortes se renforce tous les jours : prime individuelle en novembre pour retenir un ingénieur clé (3,5 millions de $, tout de même) suivie d’une augmentation générale des salaires de 10% en début d’année 2011, puis reprise en main de la direction de l’entreprise pour restaurer l’esprit start up, complétée par un programme de détection de nouvelles pépites en transformant chaque salarié en limier d’entreprises nouvelles, prime individuelle de 10.000 $ à l’appui.
C’est que le groupe s’embourgeoise ! La taille accroît le cycle de décision, en même temps que la prise de risque a tendance à se réduire ; pire, l’esprit start-up n’est plus au cœur de l’entreprise : la pêche aux nouvelles activités prometteuses est donc ouverte !
Mais ce n’est pas tout. De nouveaux géants à croissance ultrarapide sont nés ; ils ont pour nom Facebook et Apple et leurs modèles économiques écornent quelque peu la superbe du 1er moteur de recherche mondial.
L’un comme l’autre tentent de devenir la porte d’entrée du web en lieu et place de Google, que ce soit par le profil personnel ou par des applications disponibles sur de nouveaux supports (téléphone et tablette).
A partir des articles de Nicolas Pauline (Les Echos du 24 janvier 2011) de Sandrine Cassini La Tribune du 24 janvier 2011) et de la chronique de JB Jacquin (La tribune du 25 janvier 2011).

GOOGLE, sorcier de la gestion RH

Bernard GIRARD estime que le succès de Google s’explique notamment par une organisation en équipes réduites, semblable à celle qui prévaut dans les laboratoires, un encouragement à la mobilité interne, gage de transmission des connaissances entre services et une liberté accordée aux collaborateurs à hauteur de 20% de leur temps, ce qui favoriserait l’émergence d’idées qui pourront ensuite faire l’objet d’un développement interne à l’entreprise. Pendant ce temps, en France, la réflexion se poursuit ….
Pour sa part, l’ancien dirigeant de General Electric (Jack WELCH) rappelle que la pratique des horaires flexibles, en cours chez Google, s’apparente à une tradition au sein de la Silicon Valley.
Mais s’il reconnaît les avantages de la responsabilisation des collaborateurs et qu’il vante les sociétés qui encouragent leurs prises de risques et de décisions, il en précise toutefois les limites.
– Les entreprises classiques, notamment celles qui croient aux chiffres, n’accroissent les responsabilités qu’à l’aune des résultats obtenus.
–  Le curseur du niveau de responsabilité octroyé s’ajuste de lui-même à la baisse si les prises de risque s’avèrent infructueuses.
–  La prise de risque est inversement proportionnelle à la taille des entreprises : consubstantielle de la petite entité débutante, elle correspond à l’oméga des grandes !
Dès lors, la grande entreprise doit faire preuve de plus d’humilité et être plus délégative avec ses collaborateurs, ce qui assurerait leur implication.
A partir des interviews de Bernard Girard paru dans l’Usine Nouvelle du 18 septembre 2008, auteur du livre  « Le modèle Google, une révolution du management » et de Jack Welch paru dans Bilan (magazine suisse) du 10 septembre 2008

L’ennui est constructif

A la différence de l’ennui subi  sur longue période, l’ennui choisi et temporisé contribue à la régénération individuelle.
L’hyperactivité moderne qui nous pousse à profiter de chaque interstice de temps « mort » pour le combler avec un semblant de vie (la radio en voiture, la musique en courant, l’ordinateur dans le train, les attentes de rendez vous imprévues, mais aussi la lecture en vacances, …).
Il faut au contraire goûter ces moments, surtout les plus inattendus et ne rien faire du tout, pour laisser l’esprit vagabonder, un peu comme dans les phases de sommeil.
Et là, les processus inconscients font leur oeuvre. Ils permettent de prendre du recul et favorisent la créativité.

A chacun son rythme …même si certains risquent l’agonie au bout de cinq minutes, l’auteur insiste sur la contribution constructive des moments d’immobilisme conscient.

A partir d’un article de Stéphanie Condis relatif au livre de Patrick Lemoine, Psychiatre, auteur de « s’ennuyer, quel bonheur ! » paru chez Armand Colin (La Tribune du 26 novembre 2007)

ISRAEL, entre exemple et opportunité

En raison des efforts qu’Israël consacre à sa défense, notamment en faveur du secteur des télécommunications, du matériel médical et de la sécurité informatique, le pays investit 5,2% du PIB annuel en R&D (2,15% en France).
A l’image de ce que les américains ont su développer, la synergie recherche-privé et son corrolaire, la valorisation commerciale des idées issues des laboratoires grâce aux entrepreneurs, battent leur plein en Israël : 1,3 milliard de dollars de fonds levés, surtout aux USA, pour contribuer au développement de PME israéliennes.
Autant d’éléments mis en évidence lors de la récente visite d’évaluation effectuée par Hervé Novelli, secrétaire d’Etat aux entreprises, qui a profité de l’occasion pour renforcer les échanges et la coopération entre Israël et la France : la constitution d’un fonds d’investissement franco-israélien est ainsi mise à l’étude, pour financer les entreprises innovantes installées soit sur les 71 pôles de compétitivité français, soit au sein des 24 incubateurs israéliens. Le 25ème incubateur, franco-israélien celui-là et financé par le Matimop (équivalent de l’OSEO ANVAR français), verra prochainement le jour à Sophia Antipolis.
Par ricochet, un rattrapage de la part de marché française en Israël est espéré.
D’ après un article de Fabien PILIU paru dans www.latribune.fr du 5 novembre 2007

L’intuition orientée, mère de l’innovation

Francis Cholle[1] suggère 3 mots d’ordre pour innover de façon durable.
1) Laisser les collaborateurs de l’organisation s’adonner à leur muse, comme 3M et Google l’ont institué … cela est avant tout porteur de sens ce qui, par contrecoup, peut entraîner l’émergence de traits de génie. L’intuition prend ainsi la place de la raison.
2) Renoncer au confort du stable et du connu : les repères auxquels nous sommes habitués tranquillisent notre cerveau mais ne permettent pas le surgissement de la perturbation radicale, du chaos en soi et dans nos relations extérieures, seul gage de l’approche de l’élan vital.
3) s’engager sans retenue dans son activité habituelle : ainsi le cerveau élimine les tâches trop éparses ou secondaires, et la concentration quasi-hypnotique permet de faire émerger les idées profondes
S’oublier et se perdre pour … trouver !

D’après un article de Silvana ADAMI, paru dans www.latribune.fr du 30 octobre 2007

 


[1] Auteur du livre « L’intelligence intuitive pour réussir autrement » aux Editions d’Organisation

Le président du CNES fournit sa vision du futur de l’humanité

La maîtrise technologique des satellites nous permet de mieux observer, comprendre et donc surveiller la Terre, notamment pour les générations futures.

Mais pas seulement :
– la sophistication et le captage en continu d’information permetttra de donner l’alerte (pollutions, tsunamis) et de protéger l’environnement
– les régions diffficiles d’accès ou déshéritées peuvent tirer avantage de l’accès aux satellites pour des usages médicaux, épidémiologiques ou d’enseignement

Les programmes à venir (Microscope 2010, Exomars 2013, Corot) vont nous permettre à la fois de mettre en question la théorie de la gravitation et de « regarder » au loin : vers Mars, pour connaître son éventuel passé de vie, vers les étoiles pour les transformer en miroir et trouver de possibles semblables aux humains …..
d’après un interview de Yannick d’Esthaca, président du Centre national d’études spatiales, réalisé par Yann de Kerorguen paru dans www.latribune.fr du 16 mai 2007

Du travail à la créativité

La valeur travail, remise au centre des préoccupations à l’occasion des débats de la campagne présidentielle française, pourrait avoir fait son temps.
Il serait sans doute plus avisé de lui substituer l’appel à la créativité sociale : celle qui fait se retrouver imaginaire et inconscient collectif d’une part, appétence individuelle d’autre part, sans laquelle la compétence peut rester enfouie.
Ce faisant, nous ne ferions que retrouver les racines de la période de la Renaissance, au cours de laquelle des forces sociales motrices se fondaient dans une espérance sociale commune.
Ainsi, seraient vouées aux gémonies les injonctions goethiennes qui, de même que les antiennes marxistes, faisant de l’action le début de toute chose, ont substitué le travail au verbe biblique.

Dès lors, les multiples appartenances et centres d’intérêt de tout un chacun se retrouveraient au centre d’une vie sociale sans doute plus dense. Ames faibles s’abstenir.

A partir d’un article de Michel Maffesoli, dans www.latribune.fr du 17 avril 2007, auteur du réanchantement du monde, une éthique pour notre temps

Aux sources de la créativité californienne

Chacun s’émerveille des réussites qui se forgent en Californie.
Rien d’étonnant à un tel résultat.
L’écosystème mis en place pour détecter et accompagner la montée en puissance des projets imprègne tout le tissu économique et social, au point de s’apparenter à un phénomène structurel.

Des détecteurs initiaux souvent financiers (capitaux risqueurs, investisseurs providentiels, …) aux prestataires de service (recruteurs, auditeurs, avocats) jusqu’au grands groupes eux-mêmes, qui crédibilisent un dossier en lui apportant leur soutien, chacun retire la valeur ajoutée qui le concerne.

Le cercle est vertueux : l’entrepreneur ayant réussi alimente à son tour le système.

Les racines d’un tel succès sont cependant certainement plus culturelles que structurelles.
L’argent roi constitue le fondement maître du système. Mais son rôle de carburant a plus de poids que sa valeur d’accumulation.
Intelligence, habilité, audace sont également fort valorisées.
D’autres pays du monde tentent d’imiter ce modèle de développement.
Les résultats sont mitigés.
Certains pays préfèrent dès lors venir directement aux sources de l’ADN créatif de la Californie, pour ensuite dupliquer les activités identifiées chez eux.
 Jean Bernard Guerrée pour 01 informatique 15/06/07

GOOGLE contribue à la stimulation de l’innovation dans sa propre organisation *

……

En appliquant des règles simples !
– Un cadre de travail (exceptionnel) qui comprend notamment des espaces d’échanges, des salles de gym, un campus doté de 14 restaurants gratuits …
– Un recrutement qui privilégie les meilleurs et qui valide leur compétence à priori
– Des horaires à la carte
– Un nombre d’échelons hiérarchiques réduit, avec un top management collégial
– Des ingénieurs libres d’allouer jusqu’à 1 jour sur 5 (20% de leur temps, comme chez 3M) à des projets qui sortent de leur cadre de référence
– De l’humour (une journée par an en pyjama au bureau, pique nique familiaux, …)
Sandrine Chicaud à San Francisco pour 01 informatique 22/06/07

L’épargne peureuse

Quel beau pays !
 Voici deux nouvelles qui, mises côte à côte, montrent certaines des contradictions qui nous sont consubstantielles.
NOUVELLE 1 (22/11/2012) : à la faveur du relèvement des seuils de dépôt et au titre du seul mois d’octobre, les français ont déposé 21,3 milliards d’€ de plus sur les livrets A et LDD. Rendement : 2,25%, net d’impôt, sans risque[1]. Ancienneté du dispositif : 194 ans. Dépositaire : pour l’essentiel, la caisse des dépôts. Utilisation : principalement le logement social.
NOUVELLE 2 (19/11/2012) : le ministre délégué à l’économie sociale et solidaire annonce la volonté du gouvernement de doubler le nombre de SCOP et prévoit d’allouer 500 M€ à cet objectif, au travers de la future BPI.
D’un côté, le public vote avec ses sous en faveur d’une épargne de précaution à rendement résiduel quasi nul, au regard de l’inflation, en en confiant la gestion à des tiers (banques et Etat).
De l’autre, un Etat qui va insuffler dans l’économie un montant modeste, sous forme de prêt, quasi prêt et capital sans doute, les modalités étant disjointes de l’effet d’annonce.
Les objectifs et les attitudes ne sont pas les mêmes, me direz vous ! Et au fond, la démarche qui consiste à confier à l’Etat la mission de contribuer au développement économique et social est plus saine, puisqu’il est le reflet de l’intention collective, que celle qui mènerait à la confier à des intérêts privés qui outre le fait d’être faillibles, sont mal intentionnés, cupides, profiteurs … et anti sociaux (c’est en tout cas, me semble t’il, la perception dominante qu’en a le public).
Cela dit, j’invite les épargnants à regarder à 2 fois les arrangements entre amis (l’Etat et les banques) concoctés sous l’égide de la puissance publique pour continuer à se repaître de la valeur ajoutée qui peut être tirée de cette épargne.
Et une autre voie existe et a fait ses preuves.
Elle consiste tout simplement à allouer des fonds d’investissement aux partenaires sociaux, pour contribuer au développement économique et à l’emploi.

Je vois déjà mimiques et cris spontanés s’exprimer. Au fou ! Les syndicats !? Incompétents, profiteurs, non représentatifs … peut être même cupides et anti sociaux ?

Et pourtant ! Qui, mieux qu’eux, certes avec un logiciel revu et corrigé en profondeur, une représentativité bien plus grande et des modules de contrôle renforcés, peut se mettre en position de lutter contre les effets dévastateurs de la mondialisation contre laquelle les lignes Maginot de papier resteront inefficaces ?

Je vous épargne la liste des entreprises sacrifiées sur l’autel du rendement majoré[2]pour conforter la position stratégique et les avantages induits pour le haut de la pyramide des grands groupes, là où un rendement plus modeste permettrait de sauvegarder des collectifs de travail qui sans cela, contribuent, mois après mois, à une déstabilisation sociale généralisée.
Alors, il est grand temps en effet, que le pouvoir sur leur propre avenir soit restitué à des communautés de travail. Certes, toutes les entreprises ne peuvent être maintenues, mais pour celles qui peuvent l’être, l’argent doit être une ressource et non un problème. Les activités nouvelles et innovatrices doivent également pouvoir recourir au même vecteur d’investissement.
Les solutions existent à l’étranger et sont connues des syndicats français, qui ne veulent cependant pas « mouiller leur chemise » ou « risquer leur peau » à gérer des entreprises. L’Etat, entité sans nom et sans responsabilité y pourvoira mieux.
Les syndicalistes québécois s’y sont risqué (allez donc voir leur site en cliquant), depuis bientôt 30 ans ! Et gèrent l’épargne des salariés avec des rendements voisins des 4 à 5%. c’est déjà mieux que le livret A … avec, au surplus, une boucle vertueuse qui allie salaires + cotisations sociales + vie sociale améliorés !
Avec moins de 10 millions d’habitants au Québec, ils gèrent environ 9 milliards d’€ d’épargne des salariés investie dans des entreprises.
Faites donc le calcul pour la France : …. probablement 70 milliards d’€ !
Alors, alors !
J’invite nos épargnants à modifier leurs allocations d’épargne et plutôt que de l’engouffrer moutonnellement dans les circuits d’escargot gérés par des gnomes, d’en demander l’investissement dans les entreprises à viabilité possible, innovatrices et nouvelles ou délaissées par de grands groupes et qui maintenues, permettront de repartir vers de nouveaux horizons.

Il faudra de la motivation. Il faudra de l’engagement. Il faudra de la réactivité et de la flexibilité. Il faudra des dirigeants. La tâche est importante et les malheureux 500 M€ affectés aux SCOP n’y suffiront pas. Au surplus, les salariés touchés par les restructurations ne veulent pas nécessairement tous devenir des coopérateurs.

Faites pression sur vos élus, contribuez à lancer un mouvement. Lequel contribuera à l’émergence de nouvelles activités innovatrices pour engendrer un monde dé massifié, plus mobile, plus ouvert sur le monde, plus vivant.

(1) N’oublions pas que l’épargne cumulée des français est supérieure à 2000 milliards d’€ si l’on additionne l’assurance-vie, les livrets A, bleu, développement durable et autres …qui « tournent » à la vitesse du diesel marin, quand d’autres acteurs (les universités américaines par exemple) gèrent des fonds d’investissement de plusieurs milliards d’€ dont le rendement couvre près de la moitié de leurs frais de fonctionnement.

[2] Mais elle est bien longue et s’allongera, comme l’ont signalé les gouvernants.

Je suis content

La presse se fait l’écho des dernières recommandations de Gary HAMEL, « gourou » du management et propagateur de recettes miracles.
Parmi les « recettes », qui marcheraient : le fait de donner du sens à l’action, celui d’ouvrir le chemin aux innovateurs, tout en favorisant l’adaptabilité et la débureaucratisation des structures … Mazette !
 Eh bien, je suis content !
Je suis content que l’on redécouvre les vertus du sens donné au travail. En voilà une découverte qu’elle est bonne ! Les gens auraient besoin d’autre chose que d’une rémunération pour assurer leur subsistance…
Je suis content que l’on réalise que le contenu intelligent des productions s’accroissant, soit reconnu le fait de « lâcher du lest » (on est bien obligé …) et remettre les personnes, -les individus, comme on dit- au centre du jeu, plutôt que d’utiliser leur contribution en jouant sur certains registres et en en masquant d’autres : vive l’innovation, la sérendipité, l’exploration de nouveaux territoires ! Certes, avec des garde-fous, mais ….
Je suis content que l’on accepte de « lever le pied » sur les « reportings » et autres « outils de pilotage » qui servent d’abord leur initiateur, qui se narcisise en maître plutôt que de faire confiance aux acteurs de terrain.
Je suis content qu’injonction soit faite aux managers d’agir en stimulant de la liberté plutôt qu’en prêtres de la servitude.
Mais je resterai aux aguets pour voir si c’est vrai : avec l’arrivée de la période des fêtes, je ne manquerai pas d’affubler notre chimpanzé d’un bonnet de Père Noël !

Un chercheur de renom balance sec

Philippe FROGUEL ne mâche vraiment pas ses mots !
Ce chercheur français de renommée mondiale dans sa spécialité (le diabète) a donné une interview au magazine nordiste Eco 121 ; il y énonce ses bien plus que 4 vérités …
  • Les personnes compétentes sont plus mises à l’écart que promues. Il est ainsi passé de l’ostracisme pratiqué par les mandarins parisiens aux fourches caudines des milieux hospitaliers nordistes, alors que la compétence locale n’existait pas. 15 ans pour se faire accepter !
  • Saupoudrage est préféré à confortation. En butte aux positions limitantes d’élus territoriaux adeptes de la répartition des ressources, il milite plutôt pour le renforcement du soutien aux plus performants, en exigeant des contreparties en termes de résultat.
  • La consanguinité de la recherche mène à son appauvrissement. Un bon tiers des effectifs de recherche mériteraient d’être réorientés ; or il s’arque boutent sur leurs positions et rejettent toute association avec des étrangers qui mettrait en lumière leurs faiblesses criantes
  • Le moine chercheur a vécu ! Face à une recherche mondialisée, les chercheurs ont besoin d’être au monde et ont besoin de moyens. Le nier au motif d’une pureté départie du matériel et de l’argent est pire qu’une erreur, c’est le signe d’une fausseté.
  • Un bon chercheur est un obsessionnel : il y pense tout le temps. Curiosité, engagement total voire anxiété en sont les dimensions psychologiques majeures
  • La refondation de la recherche française n’est pas achevée. Malgré notre niveau de formation et notre capacité de travail, les anglais nous en remontrent largement en termes de pragmatisme et d’excellence.
Ces commentaires présentent l’avantage de poser les paramètres de l’analyse et partant, du repositionnement possible de la recherche française dans le concert mondial qui tournent autour de 2 paramètres : les choix stratégiques et la psycho sociologie des organisations, ce 2ème volet comprenant lui-même de nombreuses facettes …sans parler de l’empilement des structures, donc des compétences, des évaluations, des redondances d’investissement, l’ensemble contribuant à l’opacification des compréhensions, donc des choix et au final … des résultats.

Tous les ingrédients d’une spirale dépressive sont ainsi réunis.

(*) article initialement paru le 24 novembre 2012

Les OGM en Europe, chronique d’un nouveau désastre technologique

Contrairement à l’Europe et à la France, les Etats-Unis connaissent un relatif consensus à propos des biotechnologies végétales. Ni la campagne présidentielle, ni le président actuel ne semblent vouloir freiner l’élan de leur développement.
C’est ainsi que, sous l’impulsion de chercheurs attirés aux USA, à l’image des Professeurs FAUQUET (virologue français de renommée mondiale) ou CAPECCHI (prix Nobel de médecine 2007), de nouvelles techniques sont utilisées pour la mise au point, à l’image de ces plantes résistantes aux virus à ARN et ADN simple brin, ou encore l’inactivation de gènes qui inhiberont le développement larvaire d’insectes cibles grâce à de nouveaux types d’insecticides. De même, le ciblage de gène, combiné à l’analyse robotisée de la composition des grains représente les nouveaux outils technologiques.
Certaines de ces recherches, soutenues par des fondations privées et relayées par des collaborations public-privé sont destinées aux pays situés en zone tropicale et ne feront pas l’objet de prise de brevets.
Rien de tout cela dans la vieille Europe !
Rien qu’en France, nous venons de connaître 2 faillites retentissantes ; Meristem therapeutics, qui a notamment travaillé sur un maïs transgénique pour produire la lipase gastrique destinée à soulager les enfants atteints de mucovicidose, qui avait vu ses derniers essais fauchés  à l’été 2005, vient de déposer son bilan, de même que Librophyt, essaimage du CEA, qui devait produire des molécules thérapeutiques grâce à des plantes. Biogemma, pourtant soutenue par le monde agricole pour améliorer des variétés végétales, a de son côté délocalisé ses essais aux USA et en Israël…
Les programmes publics, dont les moyens étaient miteux (2 M€ de budget annuel pour l’ANR OGM, à comparer aux 2,4 milliards d’€ pour le plan chinois 2006-2020) ont été clos, faute de projet !
Les retards s’accumulent et il y a fort à parier que ces domaines stratégiques connaissent les mêmes destins que ceux qu’à connus l’europe informatique …
 D’après un article de Marc FELLOUS, professeur de génétique humaine à l’université Denis-Diderot, parue dans La Tribune du 10 juin 2009

MARTINE SPECIALITES : les cadres reprennent la main en la mettant à la pâte

Spécialiste de la pâtisserie surgelée surtout crue, avec 30.000 tonnes produites au travers de 650 références, 74 M€ de CA, 390 personnes, MARTINE SPECIALITES avait été acquise par SOFRAPAIN en 1998, lui-même racheté par le britannique Premier Foods en 2006. Ce dernier continue de croître par acquisition et a mis en vente cette filiale rentable, pour à la fois se désendetter et se recentrer sur son cœur de métier.

Autour de Didier BUDY, président du directoire, les cadres piaffaient depuis longtemps pour engager cette reprise avec l’appui de fonds d’investissement : chose faite, avec l’appui de CEREA CAPITAL et de BANEXI CAPITAL. L’encadrement aura également le droit de participer à l’aventure en entrant au capital de la société des cadres.

Tout en maintenant la structure de son CA (grande distribution majoritaire, RHF (24%) & export(10%), l’entreprise fourmille de projets : collection de tartes à l’instar de la haute couture -2 fois par an-, adaptation maximale aux demandes clients, notamment grâce à la flexibilité des poids et des packagings, mise en place d’un outil informatique intégré, projet d’extension industrielle, … tout en restant fidèle à son positionnement historique : pur beurre et absence d’éléments artificiels.

D’après un article de claude Mandraut paru dans La Tribune du 24 mars 2009

Reprise des activités de Lehman Brothers dans le capital investissement avec les cadres *

Avant sa déconfiture, 30 milliards de dollars étaient gérés au sein de Lehman Brothers dans les différents métiers du capital-investissement.

Grâce au holding de la famille Rupert, Reinet, qui possède le groupe de luxe Richemont, cinq associés issus de Lehman Borthers ont convaincu le liquidateur de leur confier les 3,5 milliards de fonds qui étaient dédiés aux opérations de LBO.

Reinet prend ainsi 49% des actions de la future société de gestion dont les autres 51% sont fournis par les 5 associés ; Reinet reprend par ailleurs 600 millions d’engagements souscrits, dont 230 millions déjà investis.

Les investisseurs des 2 fonds se sont vu proposer une réduction de 25% de leurs engagements non appelés dans le fonds européen et une réduction des commissions de gestion (ramenées à 1,2% au lieu de 1,5%).

Avec son équipe de 40 personnes, les associés ont fait valoir leur prudence : aucun investissement n’a été réalisé entre avril 2007 et avril 2008, en raison des valorisations beaucoup trop élevées.

Cette équipe dispose de 1,5 Milliard de dollars à investir d’ici 2012 (1/3 en Europe, 2/3 aux USA), avec des tickets moyens de 80 millions.

L’annonce de la réalisation de cet investissement figure sur le site de Reinet à l’adresse suivante :

https://www.reinet.com/press-centre.html?view=article&id=77

 

* D’après un article de Guénaëlle LE SOLLEUR et Alexandre MADDENS, paru dans La Tribune du 25 février 2009

De l’absorption à la cission : l’exemple de la cession aux cadres du pôle R&D des laboratoires FOURNIER (Dijon) *

Fleuron de l’activité pharmaceutique bourguignonne, les la boratoires FOURNIER avaient fini par être cédés en 2005 à la division pharmaceutique du groupe SOLVAY. Ce dernier le revendra au groupe ABBOTT courant 2010.

Après intégration du portefeuille de produits dans son propre catalogue et fusion avec ses processus maîtres (informatique, finance, …), ABBOTT avait décidé de se séparer des activités de recherche développement installées à Dijon.

Une mission de recherche d’un repreneur issu de la profession est alors confiée à un consultant.

Les arguments ne manquent pas : 230 personnes en recherche-développement, 30 de plus a siège, un laboratoire de 12.000 m2, une bibliothèque de 200.000 molécules, des brevets, des équipements ultra modernes, des équipes expérimentées capables d’agir de façon transversale (mélanges, formulations, toxicologie) ou par branche d’activité (biologie et pharmacologie, chimie, ADME) … pourtant, aucune négociation ne débouchera !

Entre le classique et désespérant plan social et sa cohorte de micro négociations et de contrôles et la reprise par les salariés, c’est cette dernière option qui est retenue, grâce à l’engagement de 3 cadres dirigeants.

ABBOTT n’aura finalement pas lésiné : outre l’ensemble des équipements et la propriété intellectuelle, les repreneurs, qui se sont engagés à reprendre 70 personnes, dont 20 chercheurs, bénéficient d’un contrat de plusieurs dizaines de millions d’euros sur 5 années.

L’équipe et la plateforme existantes sont reconnues; elle a permis la découverte de médicaments à base de fénofibrate ainsi que de treize candidats cliniques. Elle participe à des programmes de développement clinique dans les domaines thérapeutiques liés au traitement de la douleur, la thrombose, l’athérosclérose, le diabète et la dyslipidémie.

La nouvelle entité, dénommée INVENTIVA, s’inscrit, certes, dans le contexte de la recherche externalisée, qui a aujourd’hui les faveurs des groupes pharmaceutiques, soucieux d’améliorer la productivité de leur recherche.

Les dirigeants ne s’y trompent pourtant pas : de centre de recherche ABBOTT, ils doivent désormais rechercher des clients et des partenaires externes, avec une démarche beaucoup plus entrepreneuriale, en offrant à la fois flexibilité et vitesse d’une start-up, mais aussi processus optimisés et normes de qualité dignes d’une grande entreprise pharmaceutique.

 

Synthèse d’articles de presse et du dossier établi par l’entreprise

* article initialement paru  le 13 novembre 2012

Réinventer ce qui a été inventé est un péché (maxime japonaise) *

Une conférence passionnante d’une biologiste américaine venue plancher devant un parterre de designers français.

Pour (presque) tout réinventer dans l’énergie, les transports, l’agriculture, la médecine, le bâtiment, … et s’inscrire dans la perspective du développement durable, à partir des réalisations que la nature a mis sous nos yeux.
Comme vous le savez déjà, même si l’idée de départ est capitale, seul l’engagement humain peut lui permettre de devenir une réalité sociale.
Si vous voulez privilégier les applications ou idées proposées, démarrez la vidéo à + 15′

Vers un Fonds actionnarial des Travailleurs d’Europe ? *

Un contrepoids financier est nécessaire pour réduire la délocalisation des entreprises. La transposition en Europe du fonds d’investissement, mis en place au Québec depuis 1984, est une solution crédible.

Le Président de la République française a récemment demandé au gouvernement de proposer des « mesures fortes » pour favoriser l’actionnariat salarié. Permettez-moi de soumettre à la réflexion publique les propositions qui suivent.

Le capital doit être maîtrisé pour être localisé
Les travailleurs doivent pouvoir investir, moyennant un léger coup de pouce fiscal (l’arsenal existe déjà, nous y reviendrons plus loin) dans un fonds d’investissement actionnarial salarié. Le fonds d’investissement actionnarial salarié interviendrait dans plusieurs contextes :
– de façon privilégiée, au sein des moyennes et grandes entreprises, non pour colmater les pertes d’entités malades, mais pour reprendre et développer des branches d’activité, qu’elles soient menacées d’arrêt ou d’externalisation.
– de façon complémentaire, pour valoriser des activités innovantes à potentiel issues de leur entreprise, dont le management en place ne voudrait pas (les exemples existent et sont suffisamment nombreux pour montrer la voie), ou encore participer au développement d’activités nouvelles sur des territoires (pôles de compétitivité, valorisation de la recherche, …)
Une fois constitué, ce fonds représenterait un levier d’action suffisamment puissant pour permettre aux salariés de groupes ou de PME importantes de parler d’égal à égal, capital à l’appui, avec ceux qui sont censés représenter leurs actionnaires, et malheureusement le plus souvent une clique d’oligarques plus influents que les autres, face à un capital émietté.
Ce fonds pourrait se porter acquéreur d’activités mises sur la sellette, et faire jeu égal avec les fonds d’investissement, dont les méthodes pour générer du rendement financier n’ont parfois rien à envier à ce que prônent ceux qui parlent du « capital humain », et agissent en réalité en ne le considérant que comme une variable d’ajustement.
Par son action, ce fonds permettrait ainsi de stabiliser des communautés de travail et de vie. Rien ne l’empêcherait, en cas de besoin, à l’instar des coopératives agricoles ou des mutuelles, de recruter une équipe de management : mais pas forcément la même que celle en place !

Dans tous les cas, sa charte d’engagement prévoirait de n’investir que dans les entités inscrivant le contrat social comme pierre angulaire et fondement de leur existence : l’humain vraiment au centre.

Les raisons qui justifient cette proposition
Ce type de dispositif permettrait aux représentants des salariés d’agir en tant que contrepoids à la mondialisation des entreprises, et de permettre une réappropriation du capital par le travail. Il ne s’agit ni d’une utopie, ni, encore moins, d’une chimère.
Pour avoir des moyens d’action suffisamment puissants, l’union des moyens doit prévaloir. Un tel fonds devrait être unique, à l’image de ce qui a été mis en place au Canada.
Les Québecois ont en effet lancé depuis 1984 le fonds des travailleurs du Québec[1], géré par une confédération syndicale beaucoup plus puissante que nos organisations en France (taux de syndicalisation proche de 40%). Avec plus de 500.000 souscripteurs, ils gèrent à présent un fonds qui représente environ 3,3 milliards d’€. Les délégués syndicaux se sont transformés en collecteurs d’épargne, et ont permis le lancement initial du fonds.
L’investissement réalisé par chaque souscripteur auprès du fonds bénéficie d’un crédit d’impôt de 25% des sommes versées, identique en tous points au dispositif français en faveur de l’innovation (FCPI, FCPR).
Le fonds se charge de sélectionner et de gérer les investissements réalisés, à la manière d’une sicav classique, mais avec une éthique et un objectif de gestion sensiblement différents.
Ce fonds est rentable (en moyenne 5% de rendement par an, avec des hauts et des bas), et peut s’assimiler à un complément de retraite, ou fonds de pension, tant décrié ces dernières années en France.
Les représentants de la CFDT, de la CGT et de FO ont rendu visite aux Québecois il y a quelques années ; ils ont cependant jugé l’expérience non transposable en France.
A l’époque, Mme Notat avait indiqué :
« Le débat que nous avons eu (…), c’était autour de l’idée de savoir si, à l’image du Québec, il fallait que les syndicats, et ce serait davantage utile au niveau européen qu’à l’échelle nationale d’ailleurs, constituent leur propre fonds d’épargne salariale, et donc soient directement gestionnaires des fonds. Ça, nous l’avons écarté, tout simplement parce que la masse critique n’aurait pas été suffisante, et qu’il y a aujourd’hui des opérateurs de gestion de cette épargne avec lesquels il est sans doute plus utile de contrôler ce qu’ils font, de poser des conditions[2] ».
 A-t-elle correctement évalué ce qu’elle nomme la « masse critique » ?
Face à la poursuite continue des restructurations, nul doute qu’il soit nécessaire d’avoir recours à des moyens d’intervention et d’action directs, qui permettent aux partenaires sociaux de devenir des acteurs à part entière du jeu économique, avec une capacité de réaction immédiate, ceci devant naturellement être associé à des contrôles adaptés.
Transposée en France, l’expérience québecoise pourrait à terme représenter un fonds d’investissement de 20 milliards d’€ (8 fois plus), et probablement plus de 100 milliards d’€ au niveau européen.
Rappelons à cet égard qu’à eux seuls, les fonds d’assurance vie français ont à ce jour collecté plus de 900 milliards d’€, et que 544 milliards d’€ supplémentaires figurent dans les différents produits d’épargne (livret A, bleu, CODEVI, LEP, épargne logement), avec des rendements moyens plus proches de 0% que de 10%…
L’utilisation de ces ressources peut donc utilement être discutée, notamment quant à leur coût de gestion et d’intermédiation.

Rappelons également que M. Strauss-Kahn, quand il a fait voter la possibilité d’investir des fonds dans de nouvelles entreprises (fonds DSK) s’était heurté à de nombreuses résistances, qui ont partiellement discrédité ce type d’investissement, il est vrai plus risqué que celui proposé ici, qui se concentre plus sur des activités ayant déjà un passé établi, même si celui-ci doit être modifié.

L’enjeu est à la hauteur de la proposition 
Un emploi industriel valable représente aujourd’hui un investissement en capital fixe voisin de 40.000 €. Avec les sommes collectées, il serait donc possible de contribuer à régénérer, ou de maintenir au moins, 500.000 emplois.
La majorité des cercles de réflexion attentifs à ces sujets s’accorde à reconnaître l’effet d’entraînement de l’emploi industriel sur les autres catégories : pour un emploi de ce type, au moins 1 emploi commercial et 2 emplois de service.
Au total, uniquement en France, seraient ainsi concernés, mécaniquement, plus de 1,5 million d’emplois !
Comment s’y prendre
Face au recul permanent de l’emploi, notamment industriel, moteur principal des autres catégories d’emploi, la mise en oeuvre suppose :
– d’une part, de faire émerger une coordination syndicale apte à collecter et à gérer avec discernement une épargne collective, à investir au sein d’activités à développer ou à redéployer. L’équipe de gestion serait exclusivement composée de professionnels, agissant sous le contrôle des actionnaires souscripteurs, comme dans toute société ;
– d’autre part, d’étendre les dispositifs de déduction fiscale en vigueur, relatifs à l’investissement dans des fonds collectifs, aux versements qui seraient effectués au profit d’un fonds actionnarial salarié.
L’extension du dispositif fiscal ne présente aucune difficulté majeure, et la collecte pourrait être engagée sans délai, à effet fiscal à compter du 1er janvier 2006.
En revanche, l’attitude des syndicats français, même si elle a pu évoluer depuis les réflexions des années 2000-2002, reste majoritairement réticente, voire opposée, à une approche économique d’actionnaire volontariste.
Les raisons en sont autant historiques que stratégiques : la faible représentativité et l’émiettement concurrentiel des organisations syndicales françaises nous distingue singulièrement du modèle co-gestionnaire rhénan, ou des approches d’Europe du Nord.
Initier un tel projet en Allemagne, en Suède, voire en Italie, aurait donc, selon toute vraisemblance, un écho supérieur, quitte ensuite à y associer nos propres organisations. Il semble cependant que la situation économique française soit suffisamment préoccupante pour permettre d’engager ce type de programme.
Au surplus, une analyse stratégique, même réduite, indique qu’il est crucial que les organisations syndicales modifient leur place sur l’échiquier économique, en faisant leurs des leviers d’action qui puissent permettre à la fois une réappropriation du capital par le travail, un développement humain mis au centre du jeu économique et à terme, peut-être, un meilleur équilibre économique, en fixant le capital dans les entreprises au sein desquelles les gens vivent, plutôt que de le laisser travailler de façon virtuelle.

* Paru  le 18 avril 2007

[1] www.fondsftq.com

[2] extrait d’un interview accordé à Stéphane Paoli pour « Questions directes ». Source : France Inter le 11 février 2002

L’Essaimage de l’essaimage : IMPIKA, spin off de GEMALTO *

Lui-même issu du giron de Thomson au milieu des années 80, GEMPLUS a donné naissance à IMPIKA, ex-département du service R&D [1].
Titulaire de plus de 10 brevets, la société maîtrise les technologies d’impression par jet d’encre ou de matière. La capacité d’imprimer sur tous supports lui pemet ainsi d’être présente dans les domaines de l’emballage et des documents d’identité.
Paul Morgavi  a démarré en 2003 avec 10 collaborateurs. De 200 K€ de CA en 2004, la société a réalisé 4,5 M€ en 2006 pour atteindre 15 M€ fin 2008[2].

Le financement de la croissance a rendu nécessaire deux levées de fonds : 5 M€ en 2004, 3 M€ en 2007.

Actualisation : IMPIKA a été racheté par XEROX en juillet 2013, dans la perspective d’amplifier son développement international.


A partir d’un article de JC BARLA, paru dans La Tribune du 11 juillet 2007

[1] Cet exemple rappelle celui d’IMAJE (marquage par jet d’encre) au début des années ‘80, essaimage de THOMSON qui s’était lui réalisé dans des conditions plus conflictuelles (cf. article du Monde 13juin 1987 dans www.businesstart.com)

[2] source entreprise

Article du 22 août 2009